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14/08/2011

Lourdes film de Jessica Hausner

Surprenant choix de film en cette période estivale. Pas très orthodoxe penseront certains lecteurs de Russie en Roulettes. Mais bon, face à un ciel peu clément et une météo pluvieuse…
Ce film fut primé en 2009 à la Mostra de Venise.  C’est l’histoire de personnages, d’un pèlerinage à Lourdes. Ces personnages, vont nous  jouer l’histoire d’une jeune femme  en fauteuil roulant, Christine,  atteinte d’une sclérose en plaques, interprétée par Sylvie Testud.  Des accompagnateurs, des bénévoles de l’ordre de Malte, interprétés par Léa Seydoux et  Bruno Todeschini. Il y a aussi la compagne de chambre de Christine, les autres malades ou handicapés et la ville de Lourdes. Mais, surprenant aussi dans ce pèlerinage à Lourdes, la foi, même si elle est présente en apparence au fil des scènes,   à travers les rituels,  ne semble pas être la question centrale.
Le cœur de l’histoire, ce sont les réactions et rapports humains pour faire face au handicap. Comme la réaction de Christine qui  compare : le pèlerinage à Rome est  plus « culturel ». Sylvie Testud a une certaine vérité dans son jeu, dans ses expressions : son regard, son petit sourire forcé adressé aux aidants qui lui viennent en aide... Il y a parfois dans Lourdes le film  de Jessica Hausner   comme une atmosphère de Schadenfreude.
Très vite, les jeux de séduction prennent le dessus, malgré le cadre de Lourdes, malgré le handicap. Chacun semble davantage penser à la vie sentimentale.  Qui de Sylvie Testud ou de Léa Seydoux séduira l’accompagnateur Bruno Todeschini ? Un certain humour parfois, on n’est quand même pas dans le miraculé de Jean Pierre Mocky.
 Soudain, le miracle semble se produire, apparence ou réalité momentanée ? Christine se passe de son fauteuil, retrouve maladroitement ses gestes, sa marche, elle danse même avec le séduisant accompagnateur. Mais cela va-t-il durer ? Le miracle a-t-il eu lieu ? C’est l’une des interrogations sur laquelle se termine le film.
Dans ce film, comme dans la réalité, les personnes handicapées ne peuvent-elles retenir l’attention que si, par miracle, elles échappent à leur condition ? A la sortie de la séance, une spectatrice m’attendait et me tenant la porte me demanda : est-ce que je peux me permettre une question, êtes-vous déjà allé à Lourdes ? Qu’avez-vous pensé du film ?